Collaborer avec les générations futures : et si vous releviez le défi ?

Adapter votre entreprise aux enjeux environnementaux, sociaux et climatiques demande une remise en question et une évolution constantes. Sans un engagement concret, les initiatives qui paraissaient ambitieuses hier encore peuvent vite perdre le rythme et devenir obsolètes. Avec les Young Challengers, The Shift, en collaboration avec Corporate ReGeneration, WWF, la Foundation for Future Generations et Ashoka, vous propose de reconnecter votre entreprise avec les futures générations, et votre stratégie de durabilité avec celles et ceux pour qui elle a véritablement été conçue.

Le programme Young Challengers

Les Young Challengers rassemblent de jeunes talents motivés qui mettent leur expertise au service du climat, de la nature, du leadership, des questions sociales et de la gouvernance innovante. En posant les bonnes questions et en partageant leur vision, ils aident les organisations et entreprises à garder le cap de la transition durable.

Donner la parole aux leaders de demain

Au travers du programme des Young Challengers, The Shift et ses partenaires espèrent inciter les entreprises et organisations engagées pour le développement durable à faire confiance à une génération de jeunes professionnels du secteur et à oser se laisser inspirer.

« On voit aujourd’hui que pour créer un dialogue, pour créer une histoire et un projet communs, il faut cette résilience, il faut cette patience, mais il faut aussi ce dialogue où les gens se font confiance et se disent que ce qu’ils partagent va pouvoir aider quelqu’un, parce que ça aussi c’est important, on aime être pris dans l’histoire de l’autre, mais aussi pouvoir apprendre des histoires des autres », argumente Nina Weytjens.

Inviter un Young Challenger dans une entreprise, c’est ouvrir la porte à « du conseil, de l’influence, du challenge, de l’inspiration, de la critique constructive », énumère Vincent Truyens, fondateur de Corporate ReGeneration. Les jeunes ont également pour eux la maîtrise d’outils et de technologies qui restent peu intuitives pour certaines organisations, et cette expérience peut offrir de nouvelles perspectives lors de discussions stratégiques.

Renforcer la cohérence de votre stratégie de durabilité, grâce aux générations qu’elle ambitionne de servir

Une autre manière de dialoguer avec les Young Challengers, c’est de les inviter à renforcer votre stratégie de durabilité. Pour ce faire, des entreprises ont choisi de leur faire confiance, en laissant des jeunes animer une séance. Cela crée un terreau favorable pour des échanges constructifs, plutôt que pour des débats polarisés. Chez Danone Belux, des thèmes tels que la biodiversité et l’eau sont ainsi ressortis des discussions, et l’entreprise a su tirer une plus-value de ces rencontres en modifiant par la suite la trajectoire de sa stratégie. « Il n’y avait pas que des jeunes autour de la table mais ce sont eux qui ont amené ces sujets-là », pointe Vincent. « Il y avait donc un représentant des générations futures à chaque table de discussion, et les autres facilitateurs étaient aussi des jeunes. Et ce que ça a eu comme effet, on l’a expérimenté à d’autres endroits à petite échelle, c’est qu’à ce moment-là, c’est comme si il y avait plein de parties prenantes différentes », observe-t-il. « C’est comme si ça avait pacifié les choses et qu’on était venu se mettre au service de quelque chose de différent. On vient se mettre au service des générations futures ».

Cette nécessité de donner la parole aux jeunes est partagée par d’autres ayant vécu l’expérience. « Les Young Challengers sont très importants lorsqu’on considère les décisions qui sont prises dans les boardrooms », témoigne Cathy Macharis, professeure en développement durable à la VUB. « Au lieu de donner uniquement la parole à ceux assis autour de la table, souvent entre 45 et 65 ans, il faut aussi permettre à tous ces jeunes de s’exprimer et faire en sorte qu’ils puissent amener la voix de leur génération (…). Par ailleurs, je pense aussi que nous devons donner à la nature une place supplémentaire à cette table de décision, afin qu’elle soit systématiquement prise en compte, aux côtés des générations futures ».

Insuffler une nouvelle dynamique à votre Conseil d’Administration

Un Conseil d’Administration oriente naturellement ses discussions en termes de chiffres d’affaires, et cela influence sa manière de concevoir et de mesurer son impact. L’expérience des cadres et l’historique de l’entreprise peuvent alors devenir des obstacles aux préoccupations axées sur la durabilité, comme ont pu l’observer certains Young Challengers. De ses expériences précédentes, Salvina Ikoli se remémore : « Il y avait des personnes qui ne voyaient peut-être pas le problème dans ce qu’elles disaient et en leur posant des questions, ça recentrait un peu la conversation et ça leur permettait de comprendre qu’effectivement il y a une autre façon de voir les choses ». Des questions parfois perçues comme naïves traduisent en réalité une interprétation différente des données, l’utilisation d’une autre pondération pour évaluer l’impact. « On apporte une vision un peu différente qui peut être vraiment une plus-value pour les boards parce qu’il y a peut-être de la curiosité d’aller plus loin que les limites qui ont été forgées par l’expérience ou autre », pointe Maxime Goffin.



Cette approche permet aussi aux Young Challengers de confronter la logique de certains boards et de relever ses contradictions, par exemple dans le cas d’une entreprise fatiguée par la compétition. « Ils ont poussé la boîte à se dire, « Pourquoi vous continuez à vous positionner contre vos concurrents et vous battre quand ils ont des solutions aussi durables que les vôtres ? » et donc là, le conseil qui a été donné, qui a été suivi par la suite par l’entreprise, c’est que l’entreprise ne rentre pas en concurrence pour des remises d’offres, si la solution proposée par les concurrents est aussi durable », se rappelle Vincent avec fierté. « C’est dans des situations comme celle-ci que vous avez des idées innovantes ou de nouvelles idées, différentes perspectives de celles que vous connaissez déjà », remarque Manon Bakoa, de Sustenuto. « Donc je pense que ce sont des moments de valeur ajoutée et des opportunités pour les clients ou les organisations de travailler avec les jeunes ».

Adapter l’expérience à vos besoins

D’autres organisations ont tenté des approches différentes pour entamer le dialogue avec des jeunes. Enabel, par exemple, a mis en place une structure originale réunissant des jeunes professionnels de la coopération internationale, issus d’organisations partenaires. Leur objectif ? « Avoir l’écho des jeunes du terrain pour challenger sa stratégie et surtout se reconnecter aussi à ce que pensent les jeunes », explique Vincent, qui a contribué à la mise en place de ce Youth Sounding Board. Cet exercice a été reconduit quatre fois en un an, avec succès. S’agit-il alors de faire appel à des jeunes talents déjà associés à votre entreprise ? Une fausse bonne idée, selon Corporate ReGenerate : un jeune employé peut s’auto-censurer, et sort difficilement de son rôle et de ses tâches quotidiennes. Pour autant, l’idée n’est pas à rejeter entièrement. « Je suis pour faire les deux. C’est ce qu’on a fait chez Enabel, avec Veolia, c’est d’avoir des duos, une quantité d’internes et d’externes ». S’ensuit alors une forme de peer coaching : « L’interne va aider l’externe à mieux comprendre la réalité [de l’entreprise], mais ils vont surenchérir sur quelque chose de différent, en créant une sorte de presque duplicité ». Collaborer avec un Young Challenger permet ainsi de créer une plus-value non seulement pour la stratégie de l’entreprise, mais aussi de développer les compétences de ses jeunes talents.