Le développement personnel de l’investisseuse d’impact Caroline Limbosch

08/04/2024

L’impact commence à l’intérieur. Caroline Limbosch, directrice financière d’Impact Finance, explique comment le développement intérieur, le courage et la connexion sont essentiels pour passer de la conversation au mouvement.

D’experte financière à défenseur du développement durable, Caroline Limbosch incarne le passage de l’entreprise traditionnelle à l’impact fondé sur des valeurs. Après des années passées dans le secteur des fusions et acquisitions, elle a consciemment choisi une carrière plus riche de sens, d’objectifs et de changements systémiques. Aujourd’hui, elle est directrice financière d Impact Capital – la société holding de Pete Colruyt – et soutient des entreprises, des initiatives et des fonds ayant une mission sociale ou écologique forte.

« À un moment donné, il faut passer du discours à l’action. Vous pouvez préparer et mobiliser les gens, mais si personne ne fait rien, rien ne changera ».

En novembre 2024, Caroline a rejoint The Inner Shift, le réseau d’apprentissage de The Shift autour du thème de l’éducation à l’environnement. Objectifs de développement intérieur (IDG), avec une intention claire : découvrir comment le travail intérieur renforce la différence extérieure. Dans cet entretien, elle explique comment cette voie l’a aidée à revenir à ce qui compte vraiment – et pourquoi le courage et la réflexion devraient toujours aller de pair.

 

Qu’est-ce qui vous a attiré dans les objectifs de développement intérieur ?

Jusqu’à il y a quelques années, j’étais très attaché à la finance classique – fusions et acquisitions, banque, stratégie. C’était fascinant, mais cela ne correspondait plus à mes valeurs. Puis j’ai découvert le monde de la durabilité et de l’impact. J’ai réalisé que de nombreuses solutions technologiques et innovantes existaient déjà – bien plus que je ne le pensais. Mais ce qui manque souvent pour accélérer réellement ces solutions, c’est l’aspect humain: la connexion et le sens. C’est là que les IDG me parlent si fort. Derrière chaque politique ou voix, il y a un être humain. Et nous devons nous adresser non seulement à leur tête, mais aussi à leur cœur.

Pourquoi avez-vous participé à ce réseau d’apprentissage ?

Par curiosité. J’avais déjà beaucoup réfléchi aux grands défis mondiaux. Maintenant, je voulais aussi explorer l’intérieur : comment les IDG s’appliquent dans mon propre contexte. Non pas pour changer mon organisation, mais pour jeter des ponts dans mon réseau et mes conversations. Chez Impact Capital, nous partageons déjà de nombreuses valeurs. C’était l’occasion d’approfondir et de rencontrer d’autres personnes qui suivent le même chemin.

Quel est le thème qui vous a le plus touché ?

Le thème « Agir » m’a beaucoup touchée, mais tout commence par « Être ». C’est la base. Nous devons prendre le temps de nous arrêter et de réfléchir : qui suis-je, qu’est-ce qui est vraiment important ? Je me demande souvent si mon travail a suffisamment d’impact. Il faut du courage pour continuer à se poser cette question. Et à un moment donné, la réflexion doit se transformer en action.

Y a-t-il un moment du programme qui vous a marqué ?

Oui, un jeu de rôle. Un participant a joué le rôle d’un responsable du développement durable d’une grande entreprise controversée. Un autre participant a remis en question cette image, ce qui a suscité une réaction émotionnelle. Elle a été très touchée, parce qu’au sein de son organisation, elle a vu tant d’engagement sincère. Ce moment lui a semblé très réel. Pas naïf, mais authentique. Il m’a rappelé combien il est important de continuer à voir l’histoire humaine derrière chaque cas. Et il a confirmé ce que je ressentais depuis longtemps : de nombreux responsables du développement durable dans les entreprises sont réellement engagés – parfois même plus que leur organisation elle-même.

Qu’apportez-vous à votre travail ?

Les liens. Rencontrer des personnes issues de contextes complètement différents et découvrir que nous avons tous des questions similaires – c’est puissant. Je laisse les idées s’imprégner pour l’instant. Je ne travaille pas dans une grande entreprise avec un programme à mettre en place, mais je sais que je peux intégrer ces idées dans ma propre pratique et mes conversations.

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