Vous êtes connu pour vos projets dans le domaine de l’eau. Comment cela se traduit-il en termes de biodiversité ?
Kristel : « Cela fait plus de dix ans que nous travaillons avec Natuurpunt et Natagora sur des projets de restauration de la nature, y compris la restauration des zones humides. Notre objectif est de reconstituer l’eau à 100 % : pour chaque litre d’eau que nous utilisons, nous visons à restituer une quantité équivalente à la nature par le biais de projets de restauration, tels que ceux menés dans la vallée de Zwarte Beek. Nos sites de Gand et d’Anvers sont situés dans des régions où le risque de pénurie d’eau est élevé, c’est pourquoi nous plaçons la barre encore plus haut. En retenant l’eau plus longtemps et en maintenant le niveau des nappes phréatiques, ces zones jouent également un rôle de tampon climatique. En même temps, des espèces telles que les oiseaux des zones humides, les poissons et les libellules ont à nouveau la possibilité de retourner dans leurs habitats naturels.
« Nous voyons également d’autres entreprises suivre notre exemple, et nous nous en réjouissons sincèrement. Plus il y aura d’entreprises impliquées, plus l’impact sera grand ».
Quels sont les plus grands défis à relever pour intégrer la biodiversité dans votre stratégie ?
Kristel : « Mesurer l’impact est l’une des plus grands défis. En ce qui concerne l’eau, nous savons exactement combien nous en consommons, mais la biodiversité est beaucoup plus complexe. Comment traduire en chiffres la valeur de la restauration de la nature ? C’est précisément cette complexité que nous explorons avec d’autres entreprises dans le cadre du réseau d’apprentissage de The Biodiversity Shift.
Au-delà de cela, aucune entreprise ne peut agir seule. La collaboration avec les ONG et les pouvoirs publics est essentielle. Pour les projets de restauration de la nature, il faut souvent d’abord acquérir ou libérer des terrains. C’est avant tout le rôle des autorités publiques, en partenariat avec les ONG qui assurent la gestion des terres. De notre côté, nous pouvons ensuite contribuer par notre expertise et en soutenant des projets concrets.
Il s’agit toujours d’une interaction complexe entre le gouvernement, l’agriculture et les entreprises. Grâce à The Shift, nous pouvons jeter des ponts entre ces acteurs et franchir ensemble de plus grandes étapes.
Comment le climat politique actuel affecte-t-il votre travail ?
Kristel : « La législation sur l’environnement et la qualité de l’eau est un facteur clé. Nous apprécions les efforts déployés en Flandre pour faire face à la pénurie d’eau, mais la qualité des eaux souterraines reste un défi. Nous comprenons que le paysage politique est complexe, avec de nombreuses priorités concurrentes et des ressources limitées, mais nous espérons qu’une attention suffisante continuera d’être accordée au climat et à la nature. C’est crucial – non seulement pour l’environnement, mais aussi pour les entreprises elles-mêmes – si nous voulons garantir un approvisionnement durable en matières premières.
Où en êtes-vous dans votre stratégie nature ?
Kristel : « Nous travaillons au niveau du groupe, dans 31 pays, sur une stratégie d’intégration structurelle de la biodiversité. Nous nous appuyons pour cela sur la méthodologie TNFD (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures). Chaque pays a ses propres besoins. La situation en Belgique est très différente de celle des Philippines, par exemple. Nous voulons comprendre ces différences locales avant de définir des priorités globales. Notre objectif est de poursuivre le développement de notre stratégie en faveur de la nature en 2026. »