Pourquoi l’avenir de l’alimentation pourrait bien ressembler à une pizza

« L’alimentation de demain devra être incroyablement savoureuse, sinon elle n’aura aucune chance de s’imposer. » L’alimentation après The Shift. Entretien avec Alice Lemesle, Senior Sustainability Manager chez Danone Benelux.

Production site Danone

Alimentation imprimée en 3D, yaourts à base d’algues, emballages comestibles… Le secteur alimentaire est à l’aube de profondes transformations, largement portées par la transition vers des modèles plus durables. En tant que Senior Sustainability Manager chez Danone Benelux, Alice Lemesle se trouve au cœur de ces évolutions, et elle s’en réjouit. « L’alimentation du futur ne devra pas seulement être saine, de saison et durable », souligne-t-elle. « Elle devra avant tout être délicieuse. »

Alice Lemesle Danone Benelux

« Tout l’enjeu consiste à trouver le « sweet spot » entre bénéfices pour la santé, bénéfices pour le climat et acceptabilité sociale », explique Alice Lemesle. « Quand on y parvient, un nouveau produit a réellement une chance de réussir. On ne peut pas atteindre des objectifs climatiques ou de biodiversité si les gens ont le sentiment d’en payer seuls le prix. C’est la même chose pour le goût », ajoute-t-elle. « Un nouveau produit doit être savoureux, sans compromis. Même meilleur que celui qu’il remplace. L’alimentation reste, et restera toujours, profondément émotionnelle. »

À la question de savoir si Danone a déjà trouvé ce « sweet spot », Alice marque un temps d’arrêt. « Il y a bien sûr Alpro, qui joue un rôle clé au sein de notre portefeuille. Ce qui est intéressant avec Alpro, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’être vegan pour aimer la marque. Elle s’adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent manger de manière plus consciente. Mais nous essayons aussi d’étendre cette logique végétale à des segments moins visibles, comme la nutrition médicale et l’alimentation par sonde. On constate alors que certains produits végétaux ou hybrides présentent non seulement une empreinte plus faible, mais sont aussi mieux tolérés par les patients. En nutrition médicale, aucun compromis n’est possible sur la santé. Dès lors, lorsqu’une option plus durable offre en plus de meilleurs résultats médicaux, c’est vraiment remarquable. Surtout si l’expérience patient reste inchangée. On se retrouve alors dans une situation gagnant-gagnant-gagnant. C’est précisément ce sweet spot dont je parlais. »

La durabilité ne se joue pas uniquement dans les labos de R&D

Danone entend utiliser l’alimentation comme un véritable levier de santé. L’entreprise a récemment ouvert à Paris le One Biome Lab, dédié au rôle du microbiote et à la santé intestinale. « Dans ce laboratoire, nous cherchons à développer des produits qui apportent une réelle valeur ajoutée à la santé », explique Alice. « La recherche et l’innovation sont essentielles pour l’avenir de l’alimentation. C’est naturellement ce à quoi l’on pense en premier. Mais la durabilité ne se joue pas uniquement dans les laboratoires de R&D ou dans les bureaux. Elle se joue avant tout sur le terrain. »

Susatinable 3D food

En Belgique, Danone travaille en étroite collaboration avec des éleveurs laitiers autour de l’agriculture régénérative. L’accent est mis sur l’amélioration de la santé des sols, le renforcement de la biodiversité, le bien-être animal et la réduction des émissions. « Par exemple, grâce à un additif spécifique dans l’alimentation des vaches, il est possible de réduire les émissions de méthane jusqu’à 40 % », explique Alice Lemesle. « C’est un impact véritablement considérable. L’agriculture de précision joue également un rôle clé. Soutenue par des technologies telles que les images satellites et les capteurs, elle nous offre un levier important pour maintenir les terres à la fois productives et en bonne santé sur le long terme. J’y vois un énorme potentiel. »

De nouveaux récits

« Mais ce n’est pas encore suffisant », poursuit Alice. « Il s’agit aussi de créer de nouveaux récits dans la société. On peut travailler intensément sur son propre portefeuille, mais si les normes sociales n’évoluent pas en parallèle, on finit par se heurter à un plafond », explique-t-elle. « C’est pourquoi Danone participe à des initiatives telles que le Green Deal Eiwitshift et s’engage très activement au sein de réseaux comme The Shift. Ces espaces permettent aux entreprises, aux organisations et à d’autres acteurs de partager leurs expériences, leurs échecs et leurs réussites. Nous aidons parfois des entreprises plus petites grâce à notre expertise, mais nous apprenons tout aussi souvent d’elles. C’est un échange à double sens. Personne n’a toutes les réponses. »

Un domaine où se concentrent toutes les tensions entre sécurité, impact environnemental et coût, c’est l’emballage. « C’est sans doute le dossier le plus complexe », reconnaît-elle. « Les emballages doivent garantir la sécurité alimentaire, rester abordables et fonctionner d’un point de vue logistique, tout en étant idéalement réutilisables. Les emballages comestibles font l’objet de nombreuses recherches et c’est extrêmement intéressant. Mais, selon moi, la première étape est évidente : tout ce qui arrive sur le marché doit être recyclable. Les matériaux superflus doivent disparaître et, lorsque c’est possible, des matériaux recyclés doivent être utilisés. Ensuite se pose la question de savoir comment remplacer autant que possible les emballages à usage unique par des systèmes réutilisables ou par des emballages qui ne génèrent réellement aucun déchet. »

Elle évoque un projet pilote autour de pots de yaourt réutilisables, fonctionnant en circuit fermé. Les pots étaient rapportés, lavés puis remplis à nouveau. « Sur le plan conceptuel, tout tenait parfaitement la route », explique-t-elle. « Mais, dans la pratique, les capacités de lavage disponibles à proximité étaient insuffisantes. Les pots devaient être transportés sur plusieurs centaines de kilomètres pour être nettoyés, ce qui, d’un point de vue environnemental, n’était évidemment pas idéal. Cette expérience nous a appris qu’une entreprise ne peut pas déployer ce type de système seule, quelle que soit sa taille. Il faut des infrastructures locales, des distributeurs prêts à jouer le jeu, et des consommateurs disposés à participer.»

« Et il ne s’agit pas uniquement d’idées révolutionnaires », poursuit Alice. « Il n’y a pas si longtemps, nous avons retiré la sleeve autour de l’emballage d’Actimel. Cela représente seulement quelques dixièmes de gramme par emballage. Mais à l’échelle à laquelle Danone opère, cela signifie des tonnes de plastique en moins chaque année. C’est ce genre d’impact, très concret, qui rend ce travail si enthousiasmant. »

Lemesle travaille aujourd’hui depuis six ans pour le géant de l’agroalimentaire. « Lors de mon master en sustainable development, j’ai effectué un stage chez Danone, et finalement, je n’en suis jamais vraiment repartie », raconte-t-elle. « C’était comme si tout me menait naturellement dans cette direction. J’ai d’abord travaillé chez Danone en France, puis une mission pour Alpro m’a amenée en Belgique. Ma famille est originaire de la région de Lille, donc la Belgique n’était pas totalement inconnue pour moi. »

Les algues ont de l’avenir

Mais revenons à l’alimentation du futur : où Alice Lemesle voit-elle le plus grand potentiel ? « Comme vous pouvez le constater à travers tout ce que je raconte, ce n’est pas une question à laquelle on peut répondre simplement », dit-elle. « Il y a toujours de nombreux paramètres à prendre en compte. Mais si je devais vraiment en citer un, je dirais les algues comme source de protéines. Personnellement, je trouve cette piste particulièrement intéressante. Les algues sont extrêmement prometteuses, notamment parce qu’elles pourraient, là encore, atteindre ce sweet spot. À la base, elles sont relativement peu coûteuses à produire. Certes, la technologie reste aujourd’hui encore assez chère, parce que nous n’en sommes qu’aux débuts, mais cela évoluera. En outre, les algues sont riches en nutriments, peu émettrices de CO₂ et les produits alimentaires à base d’algues sont relativement bien acceptés sur le plan social. Leur polyvalence est remarquable : elles permettent de créer des textures et des saveurs très proches des produits traditionnels. Nous n’en sommes vraiment qu’au début. »

Alice tient toutefois à nuancer : quand il s’agit de prédire l’avenir de l’alimentation, mieux vaut ne pas la prendre trop au sérieux. « Je ne suis pas experte en prospective », dit-elle. « Je ne suis ni futurologue ni développeuse de produits. Je suis sustainability manager. Mais si vous me demandez ce que sera l’alimentation du futur, je pense tout simplement… à la pizza. »

« L’alimentation doit rester une source de plaisir. Mon futur idéal est celui où l’on mange sainement, de saison, aussi local que cela a du sens, avec des emballages minimalistes et intelligents. Et surtout, où l’on se régale. D’où la pizza. J’imagine une base en farine complète, éventuellement enrichie d’algues ou d’autres ingrédients riches en protéines. Une sauce tomate généreuse, préparée à partir de tomates savoureuses et de saison. Des légumes comme le potiron ou les champignons à l’automne. Un fromage régional, à faible impact, produit avec du lait issu de l’agriculture régénérative. Et une très bonne alternative végétale au jambon, riche en protéines et pauvre en CO₂.
C’est d’ailleurs ce qui me manque le plus en tant que végétarienne : un jambon vraiment savoureux. Bon, on ajoute encore quelques olives, et c’est prêt ! Désolée si ce n’est pas très futuriste », sourit-elle. « Mais l’alimentation doit, tout simplement, être délicieuse. Sinon, elle n’a aucune chance de s’imposer. »

« Le plaisir est tout simplement un facteur clé sur le chemin de la durabilité, un élément que nous ne devons pas perdre de vue. Si quelque chose est plus savoureux ou plus agréable et plus durable, alors cela peut réellement fonctionner. Il en va de même pour la manière dont les dirigeantes et dirigeants abordent le développement durable. Si celle-ci se résume à des règles et des contraintes, la transition ne décollera jamais vraiment. Il faut du courage, de l’inspiration, de la coopération, et un autre cap. Tant que la réussite se mesure uniquement à l’aune du profit, les choix durables resteront toujours perçus comme des « options en plus ».”

« Nous devons oser adopter d’autres indicateurs de progrès : le bien-être au sein de l’entreprise, l’impact social, la résilience écologique. Et le plaisir d’explorer ce qui est possible. La curiosité de tout ce qu’on peut inventer. Si l’on réunit tous ces ingrédients et qu’on en fait une pizza, alors tout ira très bien ! »

Envie, comme Alice, de contribuer activement à une économie plus durable ?

The Shift abat vos barrières et vous met en lien avec des partenaires inattendus: entreprises pionnières, pairs d’autres secteurs, experts et décideurs. Ensemble, nous relevons vos défis les plus complexes en matière de développement durable. Parce qu’ensemble, nous pouvons voir et faire plus.

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Les banques comme alliées de la nature

Comment le secteur financier peut-il renforcer la biodiversité? Dans cet entretien, Ronny Jongen, Senior Impact Manager, montre comment la Banque Triodos met en place la transition vers des investissements positifs pour la nature et ce que cela implique pour les banques et leurs clients.

Ronny Jongen est Senior Impact Manager à la Banque Triodos et travaille depuis 17 ans dans le financement durable. À travers son rôle dans l’immobilier et le crédit, il étudie comment les banques peuvent stimuler la biodiversité – non pas uniquement comme un risque, mais comme une opportunité de restauration de la nature et de valeur sociétale.

Vous accordez une attention particulière à la biodiversité. Comment cela se traduit-il dans votre manière de travailler et d’investir ?

Ronny: La nature et la biodiversité font partie de l’ADN de Triodos Bank depuis sa création en 1980. C’est le prolongement logique de notre mission: financer le changement, mais aussi transformer le monde financier. Finance change, change finance. Lors de chaque demande de crédit, nous analysons d’abord si c’est en phase avec notre mission: quelle est la valeur culturelle, sociale ou écologique du projet?

Notre objectif est d’investir 500 millions d’euros dans des solutions fondées sur la nature d’ici 2030, allant de la restauration de milieux naturels à l’agriculture régénératrice. C’est pour nous un processus d’apprentissage: nous ne sommes pas experts en biodiversité, mais nous voulons devenir spécialistes du financement de la biodiversité. On ouvre la discussion avec nos clients en testant des projets pilotes et de nouveaux outils.

 

Triodos soutient The Biodiversity Shift en tant que flagship partner. Pourquoi était-il important pour vous d’accompagner ce réseau d’apprentissage?

Ronny: Parce que nous avons besoin à la fois de cadre théorique et d’expérience de terrain. Nous constatons que beaucoup d’organisations rencontrent les mêmes questions : comment rendre les actions en faveur de la biodiversité concrètes et applicables dans un contexte opérationnel ? Comment embarquer son management ?

Le réseau réunit des personnes actives sur le terrain, avec la volonté d’apprendre les unes des autres. C’est ce qui nous a convaincus. Cela nous aide aussi à mieux comprendre les obstacles rencontrés par nos clients ou partenaires, et à les soutenir plus efficacement.

 

Quels défis rencontrez-vous lorsque vous accompagnez vos clients vers plus de nature-positivité?

Ronny: Nous avons la responsabilité d’utiliser l’argent des épargnants de manière appropriée, mais ce que signifie « approprié » n’est pas toujours évident. Il nous faut donc des critères clairs pour mesurer, évaluer et rapporter notre impact. Trouver des projets à la fois écologiquement et financièrement durables reste difficile. Nous voulons investir 500 millions d’euros dans la restauration de la nature, mais le secteur a besoin de plusieurs milliards.

Nous examinons aussi comment intégrer davantage la biodiversité dans nos processus décisionnels, pas seulement dans l’octroi de crédit, mais aussi dans nos investissements et même la gestion de nos bâtiments. Nous développons des KPI pour ancrer cela durablement.

Les projets liés à la biodiversité donnent souvent des résultats sur le long terme, tandis que les financements ont généralement une durée plus courte. Cela complique l’engagement des clients et l’intégration de ces projets dans des modèles classiques. De plus, les bénéfices sont collectifs, tandis que les coûts sont individuels. Trouver un équilibre reste donc le plus grand défi.

Pouvez-vous donner un exemple concret?

Ronny: Nous cherchons surtout des projets où l’on peut créer de l’impact à l’échelle. En Belgique, nous soutenons Natuurpunt et Natagora, par exemple dans l’introduction de nature-based solutions dans le Parc de l’Entre-Sambre-et-Meuse, l’un des plus récents parcs nationaux.

La plupart de nos projets se situent toutefois au Royaume-Uni, en Espagne et en France. Au Royaume-Uni, nous finançons notamment Oxygen Conservation, une organisation qui rachète et restaure de grandes zones naturelles en reboisant, en protégeant les tourbières et en développant l’écotourisme. Ensemble, nous avons développé un modèle où le remboursement du financement est lié aux revenus générés par la restauration des écosystèmes.

Ce sont des projets à échelle modeste, mais porteurs de sens: ils montrent que la restauration de la nature peut être économiquement viable tout en créant de la valeur pour la société.

 

Les clients sont-ils prêts à franchir ce pas?

Ronny : Dans l’immobilier, il y a deux types de personnes : les convaincus et ceux qui ne connaissent pas grand-chose au sujet. Les premiers sont souvent déjà présents dans des programmes tels que Le tournant de la biodiversité. Les seconds ne réalisent pas toujours qu’investir dans la durabilité est également rentable d’un point de vue économique. Les bâtiments durables sont moins inoccupés, ont une valeur plus élevée et attirent plus facilement les jeunes talents.

Nous les accompagnons notamment en assouplissant parfois le loan-to-value et en fixant des exigences minimales: si les investissements durables promis ne sont pas réalisés, nous ne finançons pas le reste du projet.

Qu’en est-il des autres secteurs?

Ronny: Dans l’agriculture, les choses bougent également. D’ici 2026, nous attendons davantage de lignes directrices pour ce secteur. Même dans le secteur du cinéma, nous posons des questions d’impact : peut-on tourner localement, réduire les transports, proposer une restauration végétarienne ? Ce sont de petits gestes, mais ils font réfléchir.

Qu’est-ce qui vous motive personnellement à travailler sur la biodiversité ?

Ronny: J’aime voir comment le lien entre économie et écologie devient de plus en plus clair. Un écosystème sain est aussi la base d’une économie saine. Nous voulons montrer qu’il est possible de faire évoluer les flux financiers, non pas vers la dégradation de la nature, mais vers sa restauration.

Plus de témoignages d’impact

Carmeuse mise sur la biodiversité

Et si la biodiversité était la clé de la stabilité économique et de l’innovation ? Carmeuse, producteur de chaux et de matériaux de construction, montre comment de petits pas mènent à des projets ambitieux.

La biodiversité à tous les niveaux

Chez Vandemoortele, Laura Iacobelli, responsable du développement durable, travaille sur une chaîne qui respecte la nature. Il n’y a pas d’initiatives distinctes, mais une stratégie bien pensée qui établit un lien entre l’entreprise et la biodiversité.

Avec The Biodiversity Shift, vous inscrivez la restauration de la nature à l’ordre du jour de votre entreprise, au cœur même de vos activités. Pas à pas. Êtes-vous prêt à passer à une stratégie solide en matière de biodiversité, avec des idées, une collaboration et un impact politique pour une économie respectueuse de la nature ?

 

 

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Biodiversity in Action

Biodiversity in Action, une collaboration entre The Shift et WWF-Belgique, a rassemblé des organisations conscientes de leur impact sur la nature et la biodiversité, déterminées à intégrer cette prise de conscience au cœur de leur stratégie d’entreprise. À travers les Biodiversity Action Labs, des membres issus de secteurs variés ont développé des stratégies concrètes pour renforcer, mesurer et ancrer durablement la biodiversité dans leurs activités.

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Quelque chose pour vous?

Souhaitez-vous faire passer les efforts de votre organisation en matière de restauration et de préservation de la nature à un niveau supérieur, et élaborer une stratégie biodiversité solide et fondée sur la science? Cherchez-vous une communauté motivante avec laquelle échanger sur les défis à relever et apprendre ensemble en mettant la théorie en pratique?

Ensuite, jetez un coup d’œil aux autres réseaux d’apprentissage et aux sessions d’inspiration du programme de changement The Biodiversity Shift« .

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Woman in nature

Carmeuse mise sur la biodiversité

Et si la biodiversité était la clé de la stabilité économique et de l’innovation ? Carmeuse, producteur de chaux et de matériaux de construction, montre comment de petits pas mènent à des projets ambitieux.

 

Brecht De Roo dirige le département du développement durable de Carmeuse en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, ainsi que les départements de la santé et de la sécurité et des affaires publiques. Il se concentre sur la décarbonisation, principalement par le biais des énergies renouvelables, et sur la stratégie nature de l’entreprise. Dans cet entretien, il nous fait part du parcours unique de Carmeuse en matière de biodiversité.

Comment Carmeuse affecte-t-elle la nature et la biodiversité, et vice versa ?

Nous sommes une entreprise familiale et une vision à long terme est ancrée dans notre façon de travailler. Une fois qu’un site est ouvert, nous y restons généralement actifs pendant 100 ans. Cela crée une relation particulière. Nous dépendons de la nature, mais nos activités influencent également le paysage existant. Au fur et à mesure que nos carrières se développent, d’autres espèces de plantes et d’animaux s’installent dans ces zones. Nous veillons à respecter et à encourager leur présence.

Que faites-vous pour protéger et préserver la nature sur ses sites ?

En un siècle d’activité, nos carrières se transforment en habitats prospères pour des espèces telles que les lézards, les hiboux et les hirondelles. Nous appliquons des principes de« remise en état dynamique » qui soutiennent les écosystèmes locaux, souvent grâce à l’engagement de nos employés. Ils ont interrompu les travaux pour protéger la nidification des hiboux, rempli les mares pour sauver les grenouilles et déplacé des espèces rares pour préserver leur habitat. Ces efforts sont louables, mais restent souvent locaux. Nous voulons étendre cet enthousiasme à tous les sites. Au terme de nos activités, nous faisons de l’environnement un habitat biodiversifié, en nous concentrant sur des écosystèmes durables plutôt que sur des solutions superficielles.

Quels sont les défis que vous rencontrez lorsque vous intégrez la biodiversité dans votre modèle d’entreprise ?

La sensibilisation est l’un des plus grands défis. Nous avons déjà mis en place des initiatives intéressantes, mais elles sont souvent considérées comme de bonnes pratiques. Comment pouvons-nous faire en sorte que la valeur de ces actions soit visible dans tous les sites et qu’elles soient reproduites ? En outre, dans certaines régions, il n’existe pas d’obligations légales en matière de conservation de la nature, ce qui ralentit les progrès. Nous devons trouver des moyens de rendre visibles les avantages environnementaux, sociaux et économiques de nos actions – et nous assurer que tout le monde partage ces objectifs.

 

 

The Biodiversity Shift vous a-t-il aidé à relever ces défis ?

J’ai rejoint le réseau d’apprentissage pour trouver du soutien dans la mise en place d’une stratégie globale, mais aussi pour voir comment les actions locales menées sur d’autres sites pouvaient servir d’inspiration. L’écoute d’experts et de collègues d’autres secteurs nous a donné de nouvelles idées, de nouveaux cadres et de nouvelles perspectives pour continuer à façonner notre stratégie pour la nature. Il s’agit d’apprendre les uns des autres, d’évaluer ce qui fonctionne vraiment et d’avancer ensemble.

Quels sont vos projets futurs en matière de biodiversité ?

Nous avons des projets passionnants en préparation, en particulier lorsque les intérêts économiques et environnementaux convergent. Nous poursuivons des projets en cours tels que la plantation d’arbres, le rétablissement d’habitats pour les papillons monarques aux États-Unis, et nous misons sur l’agriculture régénératrice pour promouvoir la biodiversité sur nos terres. Ces projets me stimulent car ils démontrent comment la nature peut être intégrée de manière significative dans nos activités.

Que recommandez-vous aux autres entreprises qui souhaitent se lancer dans la biodiversité ?

Le CO₂ est un problème mondial, mais la nature est locale. Il n’existe pas de solution universelle. Commencez donc au niveau local, là où cela fait sens, et utilisez les forces de votre équipe pour concevoir des actions appropriées. Engagez-vous avec les parties prenantes locales pour mettre en place conjointement des initiatives qui soutiennent la nature et apportent des avantages économiques et sociaux. De cette manière, vous impliquez également la gestion et vous rendez tangible la valeur de la nature. La biodiversité est au moins aussi urgente que le changement climatique.

 

 

 

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Avec The Biodiversity Shift, vous inscrivez la restauration de la nature à l’ordre du jour de votre entreprise, au cœur même de vos activités. Pas à pas. Êtes-vous prêt à passer à une stratégie solide en matière de biodiversité, avec des idées, une collaboration et un impact politique pour une économie respectueuse de la nature ?

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La biodiversité à tous les niveaux

Chez Vandemoortele, Laura Iacobelli, responsable du développement durable, travaille sur une chaîne qui respecte la nature. Il n’y a pas d’initiatives distinctes, mais une stratégie bien pensée qui établit un lien entre l’entreprise et la biodiversité.

En tant que responsable du développement durable chez Vandemoortele, Laura Iacobelli se concentre sur la biodiversité, la communication autour de la stratégie de développement durable et la collaboration avec les services d’approvisionnement pour rendre les matières premières telles que l’huile de palme et le soja plus durables. Elle suit de près la législation et rédige des politiques de durabilité. Sa passion pour le développement durable, ancrée dans les sciences naturelles, la pousse à réconcilier la nature et l’entreprise.

Quel est l’impact des activités de Vandemoortele sur la nature et la biodiversité ?

Vandemoortele est une entreprise alimentaire qui compte deux grands secteurs d’activité : les solutions alimentaires à base de plantes, telles que les graisses et les huiles, et les produits de boulangerie. Nous dépendons fortement de la biodiversité pour les matières premières clés telles que l’huile de palme, l’huile de soja, les huiles végétales et le cacao. Cette dépendance s’étend à l’ensemble de notre chaîne, de la disponibilité des matières premières à l’utilisation de l’eau dans nos recettes. Des écosystèmes sains sont essentiels à notre processus de production. Sans une grande diversité de pollinisateurs tels que les abeilles, il n’y a pas de fleurs. Et sans fleurs, il n’y a pas de graines et donc pas de production d’huile.

Quelles sont les mesures prises par Vandemoortele pour protéger la nature sur et autour de ses sites ?

Nous sommes actifs à la fois sur nos sites de production et dans les régions où nous nous approvisionnons en matières premières. En Malaisie, nous travaillons avec la Fondation Earthworm sur un projet de paysage multi-acteurs impliquant la responsabilité sociale, la déforestation et la coexistence avec les éléphants. En France, nous travaillons avec nos fournisseurs de fleurs sur un projet d’agriculture régénératrice pour le blé. Localement, nous réduisons notre impact sur la biodiversité grâce à des mesures de gestion de l’eau et à la mise en place de sites de nidification sûrs pour les faucons dans notre usine française. Nous utilisons également des outils tels que le filtre de risque du WWF pour évaluer l’impact de nos sites. Nous souhaitons intégrer la biodiversité dans nos processus de manière plus structurelle.

Quels sont les principaux défis à relever pour élaborer une stratégie en faveur de la biodiversité ?

L’un des principaux défis consiste à traduire le tableau d’ensemble en actions concrètes. Il est difficile de déterminer exactement quelles sont les interventions qui ont le plus d’impact et de trouver le bon équilibre entre une analyse approfondie et une mise en œuvre pragmatique. Nous hésitons souvent entre une approche globale telle que les Science Based Targets for Natureou plutôt une stratégie orientée vers l’action avec des mesures immédiates. Il s’agit toujours d’un exercice d’équilibre entre les ressources disponibles – en termes de temps et de budget – et l’impact attendu

 

Comment la transition vers la biodiversité peut-elle contribuer à faire avancer votre stratégie en faveur de la nature ?

Nous avons rejoint le réseau d’apprentissage pour approfondir notre compréhension de la biodiversité et valider nos efforts existants. Ma formation en sciences naturelles m’a fait prendre conscience de l’importance de cette initiative. Le programme a fourni un large éventail d’informations – des approches scientifiques aux actions simples mais efficaces – et a mis l’accent sur le fait que la biodiversité est une question holistique. Ces informations, ainsi que les consultations des parties prenantes, nous ont amenés à inclure la biodiversité en tant que thème matériel distinct dans notre nouvelle stratégie de développement durable, en lui consacrant une attention et des ressources spécifiques.

Quels sont vos projets en matière de biodiversité pour l’avenir ?

Nous voulons étendre nos projets sur le terrain – comme celui en Malaisie ou autour du blé – à d’autres matières premières et ingrédients. Nous prévoyons également une analyse plus approfondie de l’impact de notre chaîne de valeur afin de déterminer les actions les plus efficaces. Nous voulons passer de projets autonomes à une approche plus intégrée et axée sur l’impact dans l’ensemble de nos activités.

 

Quels conseils donnez-vous aux autres entreprises qui souhaitent s’engager en faveur de la biodiversité et de la nature ?

Commencez dès maintenant, quel que soit l’état d’avancement de votre projet de développement durable. Participez à des initiatives d’apprentissage telles que des webinaires et des réseaux d’apprentissage pour trouver un point de départ, et utilisez des outils tels que le filtre de risque du WWF pour une première analyse. Élaborez des plans d’action avec des initiatives directement liées à votre activité principale, plutôt que des projets isolés. La sensibilisation est cruciale – assurez-vous que tous les membres de votre organisation comprennent l’impact de leurs actions sur la biodiversité.

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Carmeuse mise sur la biodiversité

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Chez Degroof Petercam, la nature a sa place dans la politique d’investissement

Jo Wuytack (Degroof Petercam) travaille sur une stratégie d’investissement qui ancre la biodiversité et relie la valeur économique à la responsabilité envers la nature.

En tant que Group Sustainability Manager chez Degroof Petercam, Jo Wuytack est en quelque sorte un « influenceur » de leur histoire en matière de développement durable. Il coordonne les efforts en matière de développement durable dans l’ensemble de l’entreprise : de la banque privée à la gestion d’actifs, en passant par la finance d’entreprise et les services de soutien, dans plusieurs pays. Qu’est-ce qui le motive ? Travailler quotidiennement avec des personnes passionnées et faire avancer les choses pour avoir un impact réel.

Quel est l’impact de Degroof Petercam sur la biodiversité et la nature ?

Pour Degroof Petercam, les principaux impacts sur la biodiversité – et aussi les plus grands leviers – se situent presque exclusivement dans nos activités du scope 3 : les investissements que nous gérons pour nos clients. En tant que gestionnaire d’actifs, nous considérons qu’il est essentiel d’informer nos clients et d’inclure la biodiversité dans nos analyses et discussions, étant donné son impact majeur sur l’économie.

Quelles sont les mesures prises par Degroof Petercam pour protéger et améliorer la nature sur ses propres sites ?

Avant notre participation au réseau d’apprentissage, la biodiversité était surtout discutée de manière informelle, sans plan d’action clair. Aujourd’hui, nous participons à Nature Action 100, une initiative dans le cadre de laquelle les investisseurs encouragent les entreprises à s’attaquer aux problèmes de biodiversité. Notre approche est double : d’une part, nous visons à sensibiliser nos clients aux risques et aux opportunités liés à la biodiversité ; d’autre part, nous continuons à encourager activement les entreprises dans lesquelles nous investissons à prendre des mesures.

Quels sont les plus grands défis à relever pour intégrer la biodiversité dans votre modèle d’entreprise ?

Les données. Il n’est pas facile de trouver des données fiables et accessibles et des indicateurs utiles. La biodiversité est un sujet très vaste qui ne peut être appréhendé par un ou deux paramètres. Pour de nombreuses entreprises, des termes tels que « espèces menacées » ou « consommation d’eau » restent des concepts abstraits, ce qui rend difficile l’établissement de priorités. Cela rend le sujet très complexe et parfois polarisant.

 

Comment la communauté de pratique de The Shift vous a-t-elle aidé à progresser ?

Nous avons commencé le programme en étant conscients de l’importance de la biodiversité, mais sans point de départ concret. Les sessions nous ont donné un aperçu clair des cadres émergents ainsi que la possibilité d’apprendre des autres personnes ayant des questions similaires. L’approche informelle – partager un café et écouter comment les autres abordent la question – a été très inspirante. Elle nous a donné à la fois un aperçu et l’envie d’aller plus loin.

Quels sont vos projets en matière de biodiversité dans un avenir proche ?

Depuis notre participation à l’Action Lab, notre société de gestion d’actifs, DPAM, s’est engagée à adopter rapidement le cadre de laTaskforce on Nature-related Financial Disclosures ( TNFD). D’ici 2025, nous rendrons compte de l’impact de la biodiversité sur les actifs de nos clients. Nous avons choisi un fournisseur de données qui se concentre spécifiquement sur la biodiversité et nous menons actuellement des analyses pour recueillir des informations. Sur la base de ces résultats, nous alignerons nos actions sur le Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal. Ce qui a commencé au DPAM inspirera également d’autres parties du groupe. C’est un défi, mais l’élan est là.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres entreprises désireuses de se lancer dans le domaine de la biodiversité ?

Commencez par dresser un état des lieux de votre situation actuelle. Dans le secteur financier, il s’agit d’identifier les fournisseurs de données. Dans les secteurs industriels, il est préférable de commencer par des analyses du cycle de vie. À partir de là, vous pouvez prendre de petites mesures concrètes. Et surtout : recherchez le dialogue avec d’autres secteurs et collègues. Les gens aiment vraiment partager leurs idées. Il ne s’agit pas de recettes secrètes. La biodiversité est un défi pour toute l’humanité, pas seulement pour votre entreprise. La collaboration est essentielle.

 

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Chez Vandemoortele, Laura Iacobelli, responsable du développement durable, travaille sur une chaîne qui respecte la nature. Il n’y a pas d’initiatives distinctes, mais une stratégie bien pensée qui établit un lien entre l’entreprise et la biodiversité.

Avec The Biodiversity Shift, vous inscrivez la restauration de la nature à l’ordre du jour de votre entreprise, au cœur même de vos activités. Pas à pas. Êtes-vous prêt à passer à une stratégie solide en matière de biodiversité, avec des idées, une collaboration et un impact politique pour une économie respectueuse de la nature ?

 

 

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Degroof Petercam

Degroof Petercam (1871) is een Belgisch financieel huis dat vermogende particulieren, ondernemers en instellingen begeleidt met private banking, asset management en investerings­bankieren. Als ondertekenaar van de UN Principles for Responsible Banking investeren we in duurzame groei. De integratie met Indosuez (2024) vergroot onze slagkracht.

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GREENYARD

Greenyard transporte les fruits et légumes du champ à l’assiette. Avec des produits frais, surgelés et préparés, le groupe nourrit 10 millions de personnes chaque jour. En collaboration avec les producteurs, nous limitons les pertes alimentaires et les émissions de CO₂, investissons dans une culture sans résidus et des emballages circulaires. C’est ainsi que nous rendons l’alimentation saine abordable, facile et durable.

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Durabilis

Durabilis gelooft in een eerlijk voedselsysteem met gezonde, duurzame voeding voor iedereen. We bouwen via innovatie en samenwerking met lokale boeren aan sterke agrofoodbedrijven. In harmonie met de natuur en met hoge kwaliteitsnormen versnellen we de transitie naar duurzame landbouw.

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KBC

KBC est une compagnie de bancassurance intégrée présente en Belgique, en République tchèque, en Slovaquie, en Hongrie et en Bulgarie. L’ambition : être une référence sur tous les marchés clés et aider les clients à réaliser et protéger leurs rêves et projets. La durabilité fait partie intégrante de la stratégie et contribue activement à un avenir résilient au changement climatique, en collaboration avec les clients et les partenaires.

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